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La question du beau dans l’art contemporain

When:
10 janvier 2015 @ 14:30 – 17:00
2015-01-10T14:30:00+01:00
2015-01-10T17:00:00+01:00
Where:
La Baume
Cost:
7,50 €
Contact:
Murielle Ilbert
04 42 16 10 41

Art contemporain

 

 

Intervenante : Carole Talon-Hugon, professeur de philosophie à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis, directrice du CHRI, présidente de la Société française d’esthétique

 

 

Le Beau est-il un problème dans l’art contemporain ?

L’Art et le Beau ont longtemps formé un couple majeur de la pensée. Ils ont donné les Beaux-Arts, l’art n’imite pas seulement la nature (la mimèsis d’Aristote) mais il en révèle l’essentielle beauté comme le médium qui permet l’accès à autre chose. Dans ce contexte l’art apporte avec lui le plaisir de la vue. La contemplation d’une œuvre d’art est même susceptible de nous révéler quelque chose du divin.

Même si la violence infernale de notre monde moderne et ses découvertes comme celles de l’inconscient et de la pulsion de mort nous a jeté vers des univers insoupçonnés, inconnus fait d’étrangeté (Freud), la guerre ne serait plus représentée dans l’œuvre d’art mais présentée dans son essence. La « beauté convulsive » des surréalistes nous choque, bouleverse, elle nous atteint, les portes d’un inconscient menaçant lui ont été ouvertes. Dans les installations et autres expériences contemporaines, l’artiste s’engage au point de vouloir toucher tous nos sens, atteindre notre intensité de vie.

Quelque chose se détache, le beau n’est plus là comme enjeu vital. Il est même déconsidéré comme quelque chose d’artificiel, qui manque la vraie vie. Or, c’est cela qui intéresse nos contemporains, anodins, artificiels, mais aussi profonds, le laid, le monstrueux, le déplaisant sont devenus des valeurs de vérité. L’obscène, le répugnant peuvent attirer nos regards, attiser nos passions, le déplaisir peut être recherché comme plus intéressant. L’art comme élévation est dévalué au profit d’une autre expression.

L’Art a été un faire où le beau était recherché ardemment. Disqualifié par son manque de profondeur, peut-être à cause des épreuves traversées, peut-être à cause de notre culture narcissique, nous lui préférons une certaine laideur qui elle serait dans le vrai. Le Beau est-il devenu un problème comme le laid l’était à l’époque des Beaux-Arts ?