Accueil / Event / La marche comme pratique artistique contemporaine

La marche comme pratique artistique contemporaine

When:
13 novembre 2014 @ 20:30 – 22:00
2014-11-13T20:30:00+01:00
2014-11-13T22:00:00+01:00
Where:
La Baume
Cost:
7,50 € - Réduit : 4 €
Contact:
Murielle Ilbert
04 42 16 10 41

FRAC

 

 

Le vingtième siècle aura vue l’émergence de formes artistiques qui interrogent la notion de la marche à la fois dans sa dimension performative, méditative et politique. Depuis les années 50, de nombreux artistes ont contribué à écrire une nouvelle histoire de cette pratique, qui aujourd’hui connaît une actualité importante en France et à l’étranger.Nous reviendrons sur ces artistes tout en nous intéressant aux pratiques les plus contemporaines.

La marche comme pratique artistique contemporaine

     La représentation du marcheur dans les arts est immense. Chez Masaccio (début du 15è siècle), Adam et Eve, chassés du Paradis, marchent dans l’errance et la souffrance ; chez Rodin (1840-1917), la sculpture « l’homme qui marche », est objet d’un débat avec les scientifiques. Chez les philosophes aussi, rappelons-nous Aristote enseignant en déambulant et plus tard Diogène démontrant aux Eléates qu’ils avaient tort quand ils prétendaient que le mouvement n’existe pas : il avança vers eux, sans mot dire. Plus près de nous géographiquement parlant, il y a Pétrarque, il serait le premier à avoir fait l’ascension du Mont Ventoux (vers 1335) pour la beauté du geste et admirer la vue du sommet ; et pour sûr il y a la marche Cézannienne vers le motif.

« Je n’écris pas qu’avec la main, mon pied veut toujours être aussi de la partie. Il tient son rôle bravement, libre et solide, tantôt à travers champ, tantôt sur le papier » (Nietzche, Le gai savoir). A partir des années 60, quelque chose va changer, puisque c’est l’acte réel de la marche, et non plus sa représentation, qui est associé à la création d’une œuvre d’art.. « No walk, no work », telle est la devise de ces artistes. L’artiste fait lui-même partie de l’œuvre, dans tous les cas sont être même participe de cette élaboration. L’Anglais Richard Long est de ces artistes-là . Il débuta sa carrière avec la sculpture et va évoluer vers le « Land Art »: « mes premiers travaux à base de boue, étaient faits en marchant avec mes bottes…C’était une sculpture très plate… Des empreintes de pieds boueux sur le sol » (Art Press, 1986). Ce travail émerge parce qu’une conscience écologique advient : « je marche sur la terre pour m’introduire dans la nature » dit Hamish Fulton, un autre des grands noms de ce mouvement. Il y a aussi les marcheurs urbains, les flâneurs, comme le français André Cadere, pour lequel la promenade tient lieu d’intervention dans l’espace public. « La formule pour renverser le monde nous ne l’avons pas cherchée dans les livres mais en errant », la marche comme mode de connaissance, ici évoquée par Guy Debord ; là la marche comme ouverture au monde environnant, la marche comme empreinte et trace, comme sculpture éphémère : « l’œuvre est la marche » (H. Fulton)

Intervenant :

Pascal Neveux, directeur du FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur (Fonds Régional d’Art Contemporain)

Frac Immeuble